
Née à Bordeaux en 1994 et installée aujourd’hui à Marseille, Sara Sadik développe un parcours artistique engagé visant à déconstruire les stéréotypes associés aux jeunes des quartiers populaires, souvent marginalisés ou mal représentés dans l’art contemporain. Elle décrit cette approche avec un terme qu’elle a forgé elle-même : le beurcore.
Ses récits numériques mêlent esthétiques Y2K et futuristes à travers des médiums variés tels que la vidéo, la performance, l’installation ou la photographie. Sara met en scène des avatars inspirés de son entourage pour explorer les défis quotidiens de sa génération : la quête d’emploi, de logement, d’amour et de reconnaissance. Une manière de rendre visibles des trajectoires souvent enfermées dans des récits réducteurs.

Sara Sadik
Mythologies sociales et déconstruction
Imprégnée de la culture du rap et des jeux vidéo, Sara Sadik ne se destinait pas à une carrière artistique avant qu’un cours d’arts appliqués au lycée ne provoque un déclic. Elle découvre alors l’art contemporain, nourrie par des artistes comme Mohamed Bourouissa, Neil Beloufa ou Meriem Bennani, dont les oeuvres interrogent les identités, les récits sociaux et les imaginaires de la diaspora maghrébine.

Sara Sadik
À travers ses personnages numériques et ses narrations immersives, elle construit une forme de mythologie contemporaine : celle d’une jeunesse issue des quartiers, naviguant entre réalités sociales dures et désir d’émancipation, dans un monde saturé d’images, de codes et de projections.
Ces dernières années, son travail a pris une nouvelle ampleur. Exposée en France et à l’international, Sara Sadik s’impose aujourd’hui comme l’une des figures clés d’une génération d’artistes qui utilisent le jeu vidéo, l’avatar et la fiction spéculative comme outils politiques et poétiques. Ses univers hybrides font dialoguer culture internet, esthétique rap et art contemporain, en racontant des histoires intimes qui parlent aussi de classe, d’origine et de regard.
Dans un paysage où l’image est devenue un terrain de bataille, le beurcore apparaît moins comme un style que comme une stratégie : celle de reprendre le contrôle du récit, de fabriquer ses propres icônes et de créer des mondes où une autre représentation devient enfin possible.



