
Dosseh bienvenue sur Radikal, merci de nous inviter aujourd’hui à l’avant-première ton de court métrage “Soldat à terre”, raconte-nous un peu l’histoire de ce projet ?
DOSSEH C'est un court métrage musical, éponyme du morceau “Soldat à terre” qui est un story telling tiré de mon dernier projet Dieu Donne, J'utilise part.2. C'est le discours que tient un homme qui vient de se faire griller par sa meuf, c'est une déclaration d'amour pleine de culpabilité. Le morceau est déjà assez cinématographique, et on a pensé que ce serait pertinent de ne pas l’accompagner d’un simple clip. On a voulu aller plus loin en faisant ce court métrage avec Irfane Kahan, le réalisateur de ce film.

Crédit photo : @boyymelvs_
Tu tiens le rôle principal du court-métrage, c’est quoi ton rapport à l’acting, au jeu d’acteur, c’est quoi tes influences tes inspirations ?
DOSSEH Ma culture cinématographique est plus américaine que française, mais je connais mes classiques français. J’ai toujours aimé jouer et tout ce qui tourne autour des films et des séries, je suis un grand fan, tous ceux qui me connaissent le savent. D'une manière générale, j’ai toujours voulu donner à ma musique cet aspect cinématographique, j'aime qu'on puisse s'imager ce que je dis dans un morceau.
Lorsque j'ai l'occasion de faire des clips un peu plus complexes et de mettre un peu d'acting dedans, je n'hésite pas, c'est vraiment quelque chose que je kiffe.
Y’a 13 ans tu sortais ton long métrage Karma, comment ton rapport à l’image a évolué depuis, qu’est-ce qui a changé dans ta vision du cinéma et de la fiction ?
DOSSEH Que ce soit à l'époque de Karma ou aujourd’hui, j'ai toujours le même amour de la discipline. Je suis encore trop impliqué dans ma musique, mais le cinéma c’est, je pense, ce vers quoi je vais tendre, d’une manière ou d’une autre.

Crédit photo : @boyymelvs_
Y’a 10 ans tu sortais Yuri, sans doute l’un de tes albums les + marquants pour toute une génération, on t’a entendu commenter le fait que, quand tu croises de jeunes artistes, pas mal d’entre eux t’en parlent comme l’un des projets qui les a le + inspiré, est-ce que ça représente un consécration pour toi ?
DOSSEH Je pense que pour un artiste, la plus belle récompense c’est celle-là. Quand des gens de tous horizons viennent te voir et te disent que ça les impacté dans leur vie, dans leur construction, ça leur a apporté, ça les a accompagnés dans certaines périodes difficles de leur vie.
Je suis surpris à chaque fois de la portée que le truc peut avoir, quand on est dans sa bulle et qu’on fait notre musique, on ne se rend pas vraiment compte de tout ça, on a pas le recul nécessaire.
Le plus dingue c’est de savoir qu’on a impacté des gens dans leur vie.

Crédit photo : @yann.tbl
Sur ce projet on retrouve notamment le titre “25 décembre” dans lequel tu développes des propos qui résonnent encore aujourd'hui, Si tu devais faire un constat de ce que tu exposes dans “25 décembre” dix ans après, tu dirais quoi ?
DOSSEH Il y a beaucoup de choses qui résonnent encore aujourd'hui, dix ans ce n’est pas si long que ça, à l’échelle d’une vie, c’est comme si je l’avais fait hier. Même si le monde a beaucoup changé dans les formes, aujourd’hui le fond des problèmes est le même qu’à l’époque.
Aujourd’hui t’as le point de vue d’un artiste qui a connu l’évolution de l’industrie, c’est quoi ta définition du mouvement aujourd’hui en 2026 ?
DOSSEH Le rap, ça reste le rap, ça se définit par des rythmes bien précis, des manières de poser bien précises. Il faut juste accepter que le style a pris beaucoup de place dans la société, dans les moeurs, et naturellement il y a plein de sous-catégories qui se sont créées.
Aujourd’hui il y a plein de musiques qui gravitent autour de la culture Hip-Hop. Le rap a plein de a plein de petits frères, de petites soeurs, de cousins de cousines, c'est tout.
Qu’est ce qui te plaît le plus dans la nouvelle générations d’artistes que tu vois évoluer ?
DOSSEH J’aime le fait qu’ils soient décomplexés, ils se permettent beaucoup plus de choses. Il y a beaucoup moins de peur ou de gêne à avoir, il y a un public pour tout. Les gens sont souvent assez ouverts et ils sont prêts à entendre toutes les propositions artistiques, tant que c’est bien fait et que c’est sincère.
Et toi, tu es conscient de faire partie de ceux qui ont permis aux jeunes artistes de s'ouvrir au chant notamment ?
DOSSEH Moi je n’ai pas le recul, mais si j’ai pu inspirer des artistes, tant mieux.
Quel est ton rapport à l’IA ?
DOSSEH Je vois l'IA comme un outil, c'est tout. C'est un nouvel outil au même titre que l’autotune l’a été quand c'est arrivé. C'est juste une évolution technologique de plus. Ça n'empêchera jamais les gens talentueux de continuer à exercer leur talent. Pour moi, les plus intelligents seront ceux qui, plutôt que de la rejeter en bloc, vont réussir à l'utiliser, tout simplement.
Et toi t’es déjà familier avec tout ça ?
DOSSEH Pas spécialement, mais ouais je tatonne un peu.

Crédit photo : @boyymelvs_
Et c'est quelque chose que tu n'auras pas de mal à intégrer à ton process créatif ?
DOSSEH Bien sûr que non. Le jour où j'en ai besoin, je le ferai, il n'y a pas de problème. Pourquoi pas.
Ça t’inspire quoi quand je te parle de longévité ?
DOSSEH Ça m'inspire ma carrière (rires). Ça m'inspire beaucoup de travail, la passion surtout aussi.
L'un des secrets de la longévité, c’est qu’il ne faut pas que ça devienne une corvée de le faire, tu vois ? Que tu prennes toujours du plaisir à le faire. Et rien ne se fait sans travail, la longévité pour moi c’est ça.
Si je te dis Radikal Magazine qu’est ce que ça t’évoque en premier ?
DOSSEH (Rires) Radikal c’est le magazine de ma jeunesse ! Ça fait partie des magazines iconiques du hip-hop. À l'époque dans les années 90, moi c'est en lisant Radikal que j'ai grandi ! Radikal, Groove, RER, Rap Mag, tous ces journaux qui ont accompagné la jeunesse des mecs des des 80s et des 90s. Radikal pour moi c'est une grosse marque, classic shit et iconique. Donc bienvenue, bon retour !
Crédit photo couverture : @yann.tbl



