
Il se fait discret, en laissant parler sa musique et sa voix naturellement singulière. Une voix qui ne ressemble à aucune autre, et dont on lui a souvent fait remarquer la spécificité. C’est en poursuivant son chemin vers les étoiles que So La Lune a su parler à une communauté de plus en plus nombreuse, naviguant entre ciel et mer, contre vents et marées. Aujourd’hui, il atterrit pour la première fois sur une couverture de magazine au détour d’un rare entretien.
Merci d’avoir accepté de faire cette couverture ! Tu es naturellement réservé et tu fais rarement des interviews. Ça te fait quoi de te dévoiler un peu ?
C’est particulier. C’est un exercice. Je n’ai pas l’habitude de faire ça, je n’ai pas l’habitude de montrer autant.
Tu préfères laisser ta musique parler d’elle-même.
Oui. Ce qui m’a toujours freiné avec les interviews, c’est que j’ai toujours détesté voir un rappeur partout dire la même chose. J’aime bien faire des interviews, mais il faut les doser aussi.

Crédit photo : Idriss Nassangar
Cette discrétion, c’est quelque chose que tu entretiens ? C’est important, pour perdurer, de ne pas trop se dévoiler.
Moi, de nature, je n’aime pas trop montrer. Je pense que c’est pour ça que je me fais assez discret sur les apparitions. Mais je me rends compte qu’il faut quand même en faire. Et pas non plus que je reste tout seul dans ma chambre.
La solitude est un thème qui revient souvent dans tes projets. Est-ce que c’est quelque chose de choisi ?
Bonne question... Je pense que de base, je ne l’ai pas choisi. C’était une solitude imposée, mais j’ai appris à aimer être seul. Quand je me sens seul, je ne choisis pas de me sentir seul. C’est plus un ressenti. Je parle beaucoup de solitude, mais de base, j’aime bien être en équipe, en groupe. On se forge beaucoup en équipe aussi, on s’influence entre nous. Même si, du coup, je me suis beaucoup influencé tout seul.

Crédit photo : Idriss Nassangar
J’ai l’impression que cette solitude est surtout un refuge, comme auprès de la lune, ou seul sur un bateau – là où tu as enregistré ton nouvel album. Tu te situes où entre le ciel et la mer ?
Franchement, j’ai l’impression que toute ma vie, je navigue entre les deux.

Crédit photo : Idriss Nassangar
La mer peut être à la fois calme et agitée, rassurante et vertigineuse. Toi, dans quel mood tu te situes ?
J’aime bien la phrase : « Méfie-toi de l’eau qui dort ». Sinon, j’ai du mal à m’auto-juger, mais je dirais que mes humeurs dépendent des heures.
Comment est né ton rapport à la lune et à la mer ?
La lune : quand j’étais au bled, il y a eu une phase où je la regardais tous les soirs. On voyait les étoiles de super près. La mer, ça m’a toujours fasciné. J’en parlais beaucoup sans vraiment connaître. Quand je suis allé sur le bateau, j’ai vraiment capté la dinguerie. Depuis le bateau, il y a eu un avant-après quand même.

Crédit photo : Idriss Nassangar
Et le personnage So La Lune ?
Avant, je m’appelais Verso, et mon frérot m’appelait So. Quand je suis allé vivre au bled, dans mes textes, j’ai commencé à parler de la lune. Je disais “sur la lune, sur la lune”, alors que de base je n’avais jamais parlé de la lune quand j’étais à Lyon. Je ne pouvais pas garder Verso parce qu’il existait déjà un Verso référencé. Du coup, dans l’équipe, ça a donné So La Lune. Je crois que je n’étais pas trop chaud au début, mais c’est passé assez vite. Il n’y a que depuis peu que je trouve ça normal.

Crédit photo : Idriss Nassangar
En écoutant ton nouvel album, Offshore, beaucoup ont eu l’impression d’un So La Lune plus lumineux.
Je ne sais pas... il n’y a rien eu de particulier dans ma vie. Je vois des commentaires de gens qui disent que j’ai l’air d’aller mieux. Avant, on essayait un peu de m’enfermer dans le perso triste. Et là, j’ai l’impression qu’on essaie de m’enfermer dans le « il va mieux ». Alors que je fais juste de la musique comme d’habitude. Rien n’a changé.
Dans quelles conditions as-tu écrit l’album ?
Je ne me suis pas mis dans des conditions particulières. Les conditions sur le bateau ont fait écrire d’autres choses. Je ne veux pas que les gens pensent que je me suis réveillé un jour en voulant faire un album rayonnant. C’est venu naturellement. J’ai fait ma musique comme d’habitude. Et si les gens ont l’impression que je vais mieux, tant mieux. Mais moi, je ne sais pas.
Comment naissent tes textes ?
Ça dépend. Comme je fais beaucoup de sons, si je bosse d’une seule manière, je m’ennuie vite. J’aime bien varier. Des fois je vais au studio sans écrire, des fois j’écris sans prod, des fois sur la prod. Franchement, ça varie.
Retrouve l'entretien complet dans Radikal Magazine 02 - [disponible ici]
Interview : Rachid Majdoub
Photographe & Direction Artistique : Idriss Nassangar
Styliste : Andriamalala Hasina
Assistante styliste : Ramilison Rohy
Digit : Douglas Eliac
Assistante lumière : Clémence Lavigne


